Je suis apnéiste et je suis bloqué(e) à 20 mètres : comment améliorer ma compensation ?
Vous descendez sans difficulté jusqu’à 15 mètres. Vos oreilles passent bien, votre compensation semble efficace et vos sensations sont agréables.
Puis, autour de 20 mètres, tout change.
Une oreille commence à bloquer. Vous devez ralentir votre descente. Vous compensez de plus en plus souvent. Parfois, vous êtes même contraint de remonter.
Si cette situation vous est familière, rassurez-vous : vous n’êtes pas seul.
Le blocage autour des 20 mètres est probablement l’une des difficultés les plus fréquentes chez les apnéistes en progression. La bonne nouvelle, c’est qu’il existe presque toujours une explication technique ou physiologique… et donc une solution.
Je compense facilement à 10 mètres, mais plus à 20 mètres : pourquoi ?
Pour comprendre ce phénomène, il faut revenir à un principe physique simple : la pression augmente avec la profondeur.
- À 10 mètres, la pression est déjà deux fois plus importante qu’en surface.
- À 20 mètres, elle est trois fois plus importante.
Cette augmentation progressive comprime l’air contenu dans les poumons, les sinus et les oreilles. À mesure que le volume d’air disponible diminue, compenser devient plus exigeant.
Ce qui fonctionnait parfaitement à 10 mètres peut alors révéler ses limites à 20 mètres.
La plupart du temps, ce n’est pas votre capacité respiratoire qui vous bloque. C’est votre technique de compensation. Voici donc les questions que vous vous posez peut-être concernant la compensation en apnée et des éléments de réponse.
1. Je compense quand je ressens la pression : est-ce une erreur ?
C’est l’erreur la plus fréquente. De nombreux apnéistes attendent de ressentir une gêne dans les oreilles avant de compenser.
Malheureusement, lorsque cette sensation apparaît, il est souvent déjà trop tard. La différence de pression est installée et la compensation devient plus difficile.
Comment savoir quand compenser pendant la descente ?
Les apnéistes expérimentés compensent avant même de ressentir le moindre inconfort. Ils adoptent une compensation préventive.
Concrètement, cela signifie que la compensation débute dès les premiers mètres de la descente et se poursuit régulièrement tout au long de l’immersion.
Plus vous descendez profondément, plus cette anticipation devient importante.
Si vous êtes bloqué à 20 mètres, essayez simplement d’augmenter la fréquence de vos compensations lors de votre prochaine sortie. Beaucoup d’apnéistes constatent déjà une amélioration significative.
2. J'utilise le Frenzel mais je bloque à 20 mètres : que vérifier ?
Vous pensez maîtriser la technique de Frenzel ? C’est possible. Mais il est également possible que certains détails techniques limitent son efficacité en profondeur.
À faible profondeur, ces défauts passent souvent inaperçus. À 20 mètres, ils deviennent beaucoup plus pénalisants.
Trois raisons pour lesquelles le Frenzel est imparfait
Position incorrecte de la langue
Dans la technique de Frenzel, la langue agit comme un piston qui pousse l’air vers les trompes d’Eustache.
Si son mouvement est incomplet ou mal orienté, la pression générée devient insuffisante.
Résultat : la compensation fonctionne encore à faible profondeur mais perd progressivement en efficacité.
Glotte mal verrouillée
Une glotte insuffisamment fermée laisse une partie de l’effort se disperser vers les poumons.
Au lieu d’être dirigée vers les oreilles, l’énergie produite est perdue.
La compensation devient alors moins précise et plus fatigante.
Palais mou mal contrôlé
Le palais mou joue un rôle essentiel dans l’orientation de l’air.
S’il est mal positionné, une partie de l’air reste bloquée dans la bouche et ne peut pas atteindre les fosses nasales et potentiellement les trompes d’eustaches….(et ainsi, équilibrer les oreilles).
Là encore, la technique semble fonctionner… jusqu’au moment où la profondeur augmente.
3. Quel est le lien entre ma compensation et mon état mental ?
La compensation n’est pas uniquement une question de mécanique.
L’état mental joue également un rôle majeur.
Le cercle vicieux du stress en profondeur
À mesure que vous approchez de votre profondeur maximale, votre niveau d’attention augmente.
- Vous surveillez vos sensations.
- Vous anticipez un éventuel blocage.
- Vous craignez de ne plus réussir à compenser.
Cette vigilance crée souvent des tensions musculaires au niveau du visage, de la mâchoire, de la langue, du cou et du diaphragme.
Ces tensions compliquent alors la compensation.
Plus vous forcez, plus vous vous crispez. Plus vous vous crispez, plus la compensation devient difficile.
Pour sortir de ce cercle vicieux, ralentissez légèrement votre descente, relâchez volontairement votre mâchoire et concentrez-vous sur votre technique plutôt que sur la profondeur affichée à l’ordinateur.
4. Quelle position de la tête adopter ?
La posture influence énormément la qualité de la compensation.
Un simple changement de position peut parfois débloquer immédiatement une difficulté rencontrée depuis plusieurs semaines.
Comment corriger la position de la tête pour mieux compenser
L'erreur majeure : regarder vers le fond
Lorsque l’on cherche à voir où l’on va, il est fréquent de casser excessivement la nuque.
Cette position crée des tensions inutiles au niveau du cou et perturbe parfois l’ouverture naturelle des trompes d’Eustache.
La posture idéale pour compenser
Dans la plupart des cas, une position neutre de la tête donne les meilleurs résultats.
Le cou reste relâché.
La nuque reste alignée avec le reste du corps.
Le regard suit naturellement le câble sans chercher à regarder directement le fond.
Cette posture favorise la détente et facilite les mouvements internes nécessaires à la compensation.
5. Y a-t-il un lien entre la compression thoracique et la compensation ?
À mesure que la profondeur augmente, la cage thoracique se comprime davantage.
Chez certains apnéistes, cette compression devient inconfortable relativement tôt.
Cette sensation peut être interprétée comme un problème de compensation alors qu’elle provient en réalité d’un manque de mobilité thoracique.
De plus, le diaphragme, si il n’est pas « souple », peut rendre la compensation difficile car il n’accompagne pas la dépression intra-thoracique.
Pourquoi et comment gagner en souplesse thoracique et du diaphragme pour mieux compenser
Pourquoi la souplesse influence la profondeur
Une cage thoracique et un diaphragme souple s’adapte plus facilement aux variations de pression.
Les sensations deviennent plus agréables.
Le relâchement général est amélioré.
La compensation s’effectue alors dans un contexte beaucoup plus favorable.
Les exercices les plus utiles pour travailler la souplesse thoracique et du diaphragme
Plusieurs approches peuvent aider :
- mobilité thoracique ;
- étirements intercostaux ;
- Étirement profond du diaphragme
- yoga ;
- respiration abdominale ;
- exercices spécifiques de souplesse pour l’apnée.
Ces pratiques ne remplacent pas la technique de compensation mais elles facilitent souvent la progression en profondeur.
6. Je maîtrise le Frenzel mais je bloque encore : dois-je apprendre le Mouthfill ?
À partir d’une certaine profondeur, le Frenzel classique atteint progressivement ses limites.
Le volume d’air disponible dans les poumons devient de plus en plus faible.
Il devient alors plus difficile d’alimenter efficacement la compensation.
À partir de quelle profondeur le Frenzel atteint-il ses limites ?
Selon la morphologie et le niveau de pratique, cette limite apparaît à des profondeurs variables.
Pour certains apnéistes, le Frenzel reste confortable jusqu’à 30 mètres.
Pour d’autres, les premières difficultés apparaissent plus tôt. Avec mon expérience, j’ai pu me rendre compte qu’un apnéiste qui apprend à passer les -20m peut atteindre cette limite vers 17/18 mètres.
Quand faut-il apprendre le Mouthfill en apnée ?
Le mouthfill est une technique avancée qui consiste à stocker une réserve d’air dans la bouche afin de continuer à compenser lorsque le volume pulmonaire devient insuffisant.
Il est généralement pertinent d’explorer cette technique lorsque le Frenzel est parfaitement maîtrisé et que les objectifs de profondeur augmentent.
Avant cela, la plupart des blocages rencontrés autour de 20 mètres proviennent davantage d’un problème technique que d’un réel besoin de mouthfill.
Ma compensation reste douloureuse : dois-je consulter un ORL ?
Toutes les difficultés de compensation ne sont pas liées à l’entraînement.
Certaines peuvent avoir une origine anatomique ou médicale.
Quels sont les symptômes qui doivent m'orienter vers un ORL ?
Prenez rendez-vous avec un ORL si vous observez :
- des douleurs persistantes ;
- des blocages systématiques d’une seule oreille ;
- des sinusites fréquentes ;
- une perte auditive après une plongée ;
- des vertiges ;
- des saignements répétés.
La douleur n’est jamais normale en apnée. Un avis médical permet souvent d’écarter rapidement certaines causes.
Comment débloquer sa compensation plus rapidement ?
La difficulté de compensation n’est pas une fatalité.
Dans la majorité des cas, quelques ajustements suffisent à retrouver une progression régulière.
Faire analyser sa technique
Un regard extérieur permet souvent d’identifier immédiatement une erreur difficile à percevoir seul.
Une mauvaise position de tête, un Frenzel incomplet ou une compensation trop tardive peuvent être détectés en quelques minutes avec l’expérience.
Travailler à sec entre deux sorties
Quelques minutes d’exercices réguliers sont souvent plus efficaces qu’une longue séance occasionnelle.
Le travail à sec permet d’automatiser les bons gestes et de progresser plus rapidement.
Se faire accompagner par un moniteur
Un stage spécialisé ou un coaching individuel permet de gagner un temps considérable.
Ce qui semble être un plafond physiologique est souvent simplement un détail technique ou psychologique qui n’a pas encore été identifié.
Les 5 actions à mettre en place dès votre prochaine séance
Si vous êtes actuellement bloqué autour des 20 mètres, commencez par ces cinq actions simples:
- Compensez en surface avant l’immersion
- Compensez avant de ressentir la moindre pression.
- Vérifiez votre position de tête tout au long de la descente.
- Travaillez votre Frenzel à sec quelques minutes chaque jour.
- Et en complément, faire des étirements du diaphragme en priorité.
Ces cinq changements suffisent parfois à débloquer plusieurs mètres de profondeur.
Encore quelques réponses autour de la compensation en apnée ?
J'ai beau m'entrainer à plonger en profondeur, je reste bloqué(e) à 20m. Est-ce normal ?
Oui. Cette profondeur correspond à une étape classique de progression pour de nombreux apnéistes.
Pourquoi je compense bien en piscine mais pas en mer ?
La profondeur, le stress, la température de l’eau et les conditions du milieu naturel modifient les sensations et rendent souvent la compensation plus exigeante.
Pourquoi une seule oreille bloque-t-elle ?
Une différence anatomique, une inflammation, du mucus ou une compensation asymétrique peuvent expliquer ce phénomène.
Peut-on apprendre la technique du mouthfill seul ?
C’est possible, mais un accompagnement permet généralement d’éviter de nombreuses erreurs et d’accélérer l’apprentissage.
Une douleur est-elle normale pendant la compensation ?
Non. Une compensation efficace ne doit jamais être douloureuse. La douleur indique qu’il faut interrompre et/ou ralentir la descente.
Vous êtes bloqué à 20 mètres malgré vos entraînements ?
La plupart des problèmes de compensation ne sont pas liés à un manque de capacité physique, mais à un détail technique difficile à identifier seul.
Chez Omniblue Freedive, nous analysons régulièrement des apnéistes persuadés d’avoir atteint leur limite… alors qu’un simple ajustement de leur Frenzel, de leur posture ou de leur rythme de compensation leur permet de retrouver une progression immédiate.
Vous avez l’impression de stagner ?
Contactez-nous et décrivez-nous votre situation : profondeur de blocage, technique utilisée, sensations ressenties. Nous vous orienterons vers la solution la plus adaptée à votre niveau.

